mercredi 2 décembre 2009

A ne pas mettre sous les yeux d'un aérodromophobe


Au hasard d'une lecture, j'ai trouvé un passage qui n'a pas adouci, loin de là, ma phobie de l'avion ( que je prends quand même, il faut bien s'ouvrir au monde, mais merci Lexomyl!)

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Lorsque, sur les avions, les moteurs sont en panne, ce n'est pas la fin du vol. Les avions ne tombent pas du ciel comme des pierres. Ils continuent en vol plané, pendant une demi-heure à trois quarts d'heures quand il s'agit des énormes avions de ligne à plusieurs réacteurs, pour ne s'écraser qu'au moment où ils tentent d'atterrir. Les passagers ne s'aperçoivent de rien. Moteurs coupés, le vol ne donne pas une sensation différente de quand ils marchent. Cela fait moins de bruit, mais juste un peu moins: c'est l'air, fendu par la carlingue et les ailes, qui fait plus de bruit que les réacteurs. A un moment, par les hublots, la terre ou la mer apparaît dangereusement proche. Ou bien on passe un film, et stewarts et hôtesses ont baissé les rideaux. Peut-être les passagers trouvent-ils même ce vol un peu silencieux particulièrement agréable.


Extrait du Liseur , de B. Schlink.

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jeudi 26 novembre 2009

Back to the future

Y en a t-il un seul parmi vous qui n'ait jamais imaginé le plaisir que çà pourrait
être de remonter le temps?
Avoir cette illusion de maîtrise contre l'impuissance, et, peut-être, arriver jusqu'à contrôler son destin.
J'ai toujours aimé les histoires où il est possible de revenir en arrière, de HG Wells à " Retour vers le futur" en passant par "Un jour sans fin" ou "L'effet papillon".
Dans le film "Quelque part dans le temps", le héros remonte le temps parce qu'il est amoureux d'une actrice du XIXème siècle, et il va rencontrer cette femme. Si c'était moi, je donnerais rendez-vous à James Dean pour une ballade en porsche 356 Speedster ( mais pas le 30 septembre 55!).
Retourner dans le passé et changer la donne...par la grâce d'une déchirure spatio-temporelle ou d'une machine à explorer le temps, peu importe la manière...
Choisirais-je une autre voie professionnelle? Est-ce que je ne prendrais pas ma première cigarette?
Que voudrais-je éviter, modifier, vivre plus fort?
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Rien je crois.
C'était comme c'était, bon an mal an.
Mais c'était pas si mal.
Je crois...
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mardi 17 novembre 2009

J'aime


J'aime fumer en ne pensant à rien.
J'aime regarder un vieux portrait en noir et blanc de ma grand-mère et imaginer qu'elle est toujours là.
J'aime sentir la douceur des draps sur mon corps nu.
J'aime fermer la porte à clés en me disant que je pars vers une destination inconnue et que je ne vais pas revenir avant une dizaine de jours.
J'aime fermer un bon livre à contrecoeur parce que mes yeux se ferment et me dire que je vais retrouver très bientôt les personnages auxquels je me suis attachée.
J'aime essayer 30 000 paires de chaussures dans les magasins avant de me décider.
J'aime le mot coccinelle, et le répéter plusieurs fois: coccinelle, coccinelle, coccinelle...
J'aime faire l'étoile sur le dos dans une piscine en regardant vers le soleil et tout oublier.
J'aime faire des essais de maquillage improbables et décider, finalement, de rester naturelle.
Dans une file d'attente, quand je m'ennuie, j'aime imaginer la vie des gens alentours.
J'aime repenser à la petite fille que j'étais, qui montait sur la table pour chanter devant tout le monde.
J'aime faire des noeuds avec mes cheveux.
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lundi 9 novembre 2009

Le jour de la chute


Il y a des dates historiques qu'on n'oublie jamais, et pour lesquelles on se plaît à se demander les uns aux autres:" Où étais-tu quand Kennedy a été assassiné? " ( Ben pas encore conçue!!!!) ou encore " Que faisais-tu le 11 septembre quand les 1ères images des avions percutant les tours sont apparues sur ton écran de télé?" ( Ben je m'apprêtais à manger mon p'tit pain au chocolat et ce jour là il n'a pas suivi le chemin de mon estomac...).

Alors jouons à retrouver nos souvenirs en ce 9 novembre vingtenaire: que faisiez-vous quand le mur de Berlin est tombé?

Pour ma part, je regardais les images sur le petit écran, blottie dans les bras de mon amoureux de l'époque, exhaltés l'un et l'autre devant cette espoir de liberté qui assaillait l'Europe de l'Est.

Dîtes-moi, dîtes-moi, vous savez bien que je suis curieuse...
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jeudi 5 novembre 2009

Magnifier le réel


C'est lui qui a immortalisé l'arrivée au pouvoir du front populaire.
Lui qui a posé les bases de ce qui est devenu après-guerre "l'école humaniste".
Quelques mois avant la seconde guerre mondiale, il a couvert les grèves des usines Citroën et la plupart des grands mouvements sociaux.
Il décrivait la beauté quotidienne, refusant systématiquement les photos posées.
Dans les années 50, grâce à lui et certains de ses confrères, la photographie fut enfin reconnue comme véritable discipline artistique.
Ce monsieur était un vrai humaniste, doté de l'oeil absolu.
Willy Ronis s'est éteint le 12 septembre dernier, dans sa 100ième année. Il était le doyen des photographes français.
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photo=Paris, 1952
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vendredi 23 octobre 2009

Sister


Souvenir. Année 1980. C'est la rentrée. Cours d'allemand.

La prof: "Sur la fiche de renseignements, indiquez le nombre de frères et soeurs ainsi que leur âge."

C'est la première fois que j'ai quelque chose à écrire!

Quelques minutes plus tard, la prof ayant ramassé les dites fiches:"Lola! Une petite soeur de 6 jours. Félicitations!"

Et toute la classe de me regarder avec admiration. Je me redresse, fière comme Artaban.

Bon, les félicitations étaient peut-être superflues mais je transmettrai à maman qui a fait tout le travail.


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Une photo. Maternité.

Liza a un jour et je la tiens dans mes bras, droite et rigide comme un piquet.

Maman:"Détends-toi, Lola."

Moi:"J'ai peur de la casser..."


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Film super 8. Liza et son gâteau d'anniversaire, sur sa chaise haute. Une bougie.

Ses petits doigts veulent atteindre la flamme. Maman et moi lui montrons comment souffler, encore et encore. Elle nous regarde d'un air dubitatif l'air de se demander ce qui nous prend de faire de telles grimaces.


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Film super 8 encore. Eté 1981. Sur la plage de Meschers sur Gironde.

Liza s'enfuie à quatre pattes dans le sable, il ne faut pas la quitter des yeux un seul instant car son seul but est de caracoler le plus loin possible du parasol familial. Elle a des jambes minuscules et dodues. Papa s'exclame, légèrement dépité:" Et dire qu'elle a hérité de mes courtes pattes!"

Liza s'en fiche et galope.


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2009.

Le bébé mesure 1m73, a soufflé ses 29 bougies, et a les jambes d'Adriana...


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dimanche 4 octobre 2009

Quelque chose en moi de Natalie


Certains me trouvent une ressemblance certaine avec Natalie Wood ( enfin çà c'était surtout quand j'étais au plus fort de ma jeunesse mais ne boudons pas le plaisir).

Le regard, m'a t-on dit, la forme du visage, ou encore le sourire.

Joli compliment s'il en est ( Merci, merci mes amis, comme vous devez m'aimer pour me trouver une si jolie similitude!).


Si on y regarde de plus près, la comparaison ne s'arrête peut-être pas à quelques traits physiques.

Car s'il est vrai que, comme elle ( et nombreux d'entre nous, n'est-ce pas?), j'ai eu la fièvre dans le sang , sa fragilité et ses accès de colère envers les déboires de l'existence me sont on ne peut plus familiers.


Si bien qu'en 2 011, c'est déjà prévu, je ne mettrai pas les pieds sur un bateau...
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