samedi 19 décembre 2009

Et vint l'adolescence...

Au coeur des années 80, je vécus comme je pus ce qu'on appelle l'adolescence.
Pas facile tous les jours, surtout pour mes chers parents.
Mais au milieu de la crise pubertaire, il y avait la vie dans les eightie's.

  • J'avais troqué le cartable contre un sac US sur lequel je dessinais au marqueur indélébile les noms de mes groupes préférés.
  • Je passais mon BAFA et découvrais les fêtes des 5èmes services qui nous poussaient tous, animateurs idéalistes, jusqu'au bout de la nuit.
  • Je manifestais en chantant contre la réforme Devaquet, et je m'engageais dans les combats d'Harlem Désir et Marek Halter.
  • Libération titrait, un 19 juin, "C'est un mec, y meurt...", à cause d'un p... de camion.
  • Je donnais mon premier baiser sur une plage de l'Atlantique.
  • J'étais fan de Culture Club et me déguisais en Boy Georges le jour du persan.
  • J'adoptais les codes vestimentaires du mouvement New Wave, et me déhanchais mécaniquement dans une boîte branchée.
  • Je m'enfermais dans ma chambre au milieu des Fluide Glacial et des Rock and Folk qui traînaient un peu partout, épars, et je rêvais devant une affiche d"Outsiders" qui recouvrait le mur.
  • J'étais jeune, plutôt jolie, et évidemment, je me trouvais laide.

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jeudi 10 décembre 2009

Des tas de petits grelots qui savent rire

La première fois que je l'ai vu, c'était l'heure du chien-loup. Je ne distinguai pas la couleur de ses yeux, à peine les contours de son visage. Il semblait avoir cent ans, engouffré sous les draps blancs, ses membres comme désarticulés, et branché à des tuyaux.

Il m'apparut si petit.

On me murmura:"C'est l'oncle Edmond, il revient d'Amérique."
Il saisit son livre de chevet, qui devint bien plus tard le mien, et me fit signe de prendre place près de lui, une toute petite place sur les draps froissés.

Il me lut un extrait: "Tu regarderas, la nuit, les étoiles. C'est trop petit chez moi pour que je te montre où se trouve la mienne. C'est mieux comme çà. Mon étoile, ce sera pour toi une des étoiles. Alors toutes les étoiles tu aimeras les regarder. Elles seront toutes tes amies.
[...] Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elle, puisque je rirai dans l'une d'elle, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras toi des étoiles qui savent rire! Et quand tu seras consolé (on se console toujours), tu seras content de m'avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme çà, pour le plaisir...Et tes amis seront bien étonnés de te voir rire en regardant le ciel."

Il referma le livre et me fit un baiser sur le front. Il était déjà l'heure que je m'en aille.

Le lendemain on m'annonça que ma rencontre avec l'oncle Edmond aura été brève, puisqu'il était parti, paisiblement, au petit matin.
...
Aujourd'hui je pense souvent à l'oncle Edmond, et je regarde fréquemment le ciel où tant d'autres étoiles l'ont rejoint.
MES étoiles.

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mercredi 2 décembre 2009

A ne pas mettre sous les yeux d'un aérodromophobe


Au hasard d'une lecture, j'ai trouvé un passage qui n'a pas adouci, loin de là, ma phobie de l'avion ( que je prends quand même, il faut bien s'ouvrir au monde, mais merci Lexomyl!)

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Lorsque, sur les avions, les moteurs sont en panne, ce n'est pas la fin du vol. Les avions ne tombent pas du ciel comme des pierres. Ils continuent en vol plané, pendant une demi-heure à trois quarts d'heures quand il s'agit des énormes avions de ligne à plusieurs réacteurs, pour ne s'écraser qu'au moment où ils tentent d'atterrir. Les passagers ne s'aperçoivent de rien. Moteurs coupés, le vol ne donne pas une sensation différente de quand ils marchent. Cela fait moins de bruit, mais juste un peu moins: c'est l'air, fendu par la carlingue et les ailes, qui fait plus de bruit que les réacteurs. A un moment, par les hublots, la terre ou la mer apparaît dangereusement proche. Ou bien on passe un film, et stewarts et hôtesses ont baissé les rideaux. Peut-être les passagers trouvent-ils même ce vol un peu silencieux particulièrement agréable.


Extrait du Liseur , de B. Schlink.

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jeudi 26 novembre 2009

Back to the future

Y en a t-il un seul parmi vous qui n'ait jamais imaginé le plaisir que çà pourrait
être de remonter le temps?
Avoir cette illusion de maîtrise contre l'impuissance, et, peut-être, arriver jusqu'à contrôler son destin.
J'ai toujours aimé les histoires où il est possible de revenir en arrière, de HG Wells à " Retour vers le futur" en passant par "Un jour sans fin" ou "L'effet papillon".
Dans le film "Quelque part dans le temps", le héros remonte le temps parce qu'il est amoureux d'une actrice du XIXème siècle, et il va rencontrer cette femme. Si c'était moi, je donnerais rendez-vous à James Dean pour une ballade en porsche 356 Speedster ( mais pas le 30 septembre 55!).
Retourner dans le passé et changer la donne...par la grâce d'une déchirure spatio-temporelle ou d'une machine à explorer le temps, peu importe la manière...
Choisirais-je une autre voie professionnelle? Est-ce que je ne prendrais pas ma première cigarette?
Que voudrais-je éviter, modifier, vivre plus fort?
...
Rien je crois.
C'était comme c'était, bon an mal an.
Mais c'était pas si mal.
Je crois...
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mardi 17 novembre 2009

J'aime


J'aime fumer en ne pensant à rien.
J'aime regarder un vieux portrait en noir et blanc de ma grand-mère et imaginer qu'elle est toujours là.
J'aime sentir la douceur des draps sur mon corps nu.
J'aime fermer la porte à clés en me disant que je pars vers une destination inconnue et que je ne vais pas revenir avant une dizaine de jours.
J'aime fermer un bon livre à contrecoeur parce que mes yeux se ferment et me dire que je vais retrouver très bientôt les personnages auxquels je me suis attachée.
J'aime essayer 30 000 paires de chaussures dans les magasins avant de me décider.
J'aime le mot coccinelle, et le répéter plusieurs fois: coccinelle, coccinelle, coccinelle...
J'aime faire l'étoile sur le dos dans une piscine en regardant vers le soleil et tout oublier.
J'aime faire des essais de maquillage improbables et décider, finalement, de rester naturelle.
Dans une file d'attente, quand je m'ennuie, j'aime imaginer la vie des gens alentours.
J'aime repenser à la petite fille que j'étais, qui montait sur la table pour chanter devant tout le monde.
J'aime faire des noeuds avec mes cheveux.
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lundi 9 novembre 2009

Le jour de la chute


Il y a des dates historiques qu'on n'oublie jamais, et pour lesquelles on se plaît à se demander les uns aux autres:" Où étais-tu quand Kennedy a été assassiné? " ( Ben pas encore conçue!!!!) ou encore " Que faisais-tu le 11 septembre quand les 1ères images des avions percutant les tours sont apparues sur ton écran de télé?" ( Ben je m'apprêtais à manger mon p'tit pain au chocolat et ce jour là il n'a pas suivi le chemin de mon estomac...).

Alors jouons à retrouver nos souvenirs en ce 9 novembre vingtenaire: que faisiez-vous quand le mur de Berlin est tombé?

Pour ma part, je regardais les images sur le petit écran, blottie dans les bras de mon amoureux de l'époque, exhaltés l'un et l'autre devant cette espoir de liberté qui assaillait l'Europe de l'Est.

Dîtes-moi, dîtes-moi, vous savez bien que je suis curieuse...
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jeudi 5 novembre 2009

Magnifier le réel


C'est lui qui a immortalisé l'arrivée au pouvoir du front populaire.
Lui qui a posé les bases de ce qui est devenu après-guerre "l'école humaniste".
Quelques mois avant la seconde guerre mondiale, il a couvert les grèves des usines Citroën et la plupart des grands mouvements sociaux.
Il décrivait la beauté quotidienne, refusant systématiquement les photos posées.
Dans les années 50, grâce à lui et certains de ses confrères, la photographie fut enfin reconnue comme véritable discipline artistique.
Ce monsieur était un vrai humaniste, doté de l'oeil absolu.
Willy Ronis s'est éteint le 12 septembre dernier, dans sa 100ième année. Il était le doyen des photographes français.
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photo=Paris, 1952
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