mardi 17 novembre 2009

J'aime


J'aime fumer en ne pensant à rien.
J'aime regarder un vieux portrait en noir et blanc de ma grand-mère et imaginer qu'elle est toujours là.
J'aime sentir la douceur des draps sur mon corps nu.
J'aime fermer la porte à clés en me disant que je pars vers une destination inconnue et que je ne vais pas revenir avant une dizaine de jours.
J'aime fermer un bon livre à contrecoeur parce que mes yeux se ferment et me dire que je vais retrouver très bientôt les personnages auxquels je me suis attachée.
J'aime essayer 30 000 paires de chaussures dans les magasins avant de me décider.
J'aime le mot coccinelle, et le répéter plusieurs fois: coccinelle, coccinelle, coccinelle...
J'aime faire l'étoile sur le dos dans une piscine en regardant vers le soleil et tout oublier.
J'aime faire des essais de maquillage improbables et décider, finalement, de rester naturelle.
Dans une file d'attente, quand je m'ennuie, j'aime imaginer la vie des gens alentours.
J'aime repenser à la petite fille que j'étais, qui montait sur la table pour chanter devant tout le monde.
J'aime faire des noeuds avec mes cheveux.
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lundi 9 novembre 2009

Le jour de la chute


Il y a des dates historiques qu'on n'oublie jamais, et pour lesquelles on se plaît à se demander les uns aux autres:" Où étais-tu quand Kennedy a été assassiné? " ( Ben pas encore conçue!!!!) ou encore " Que faisais-tu le 11 septembre quand les 1ères images des avions percutant les tours sont apparues sur ton écran de télé?" ( Ben je m'apprêtais à manger mon p'tit pain au chocolat et ce jour là il n'a pas suivi le chemin de mon estomac...).

Alors jouons à retrouver nos souvenirs en ce 9 novembre vingtenaire: que faisiez-vous quand le mur de Berlin est tombé?

Pour ma part, je regardais les images sur le petit écran, blottie dans les bras de mon amoureux de l'époque, exhaltés l'un et l'autre devant cette espoir de liberté qui assaillait l'Europe de l'Est.

Dîtes-moi, dîtes-moi, vous savez bien que je suis curieuse...
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jeudi 5 novembre 2009

Magnifier le réel


C'est lui qui a immortalisé l'arrivée au pouvoir du front populaire.
Lui qui a posé les bases de ce qui est devenu après-guerre "l'école humaniste".
Quelques mois avant la seconde guerre mondiale, il a couvert les grèves des usines Citroën et la plupart des grands mouvements sociaux.
Il décrivait la beauté quotidienne, refusant systématiquement les photos posées.
Dans les années 50, grâce à lui et certains de ses confrères, la photographie fut enfin reconnue comme véritable discipline artistique.
Ce monsieur était un vrai humaniste, doté de l'oeil absolu.
Willy Ronis s'est éteint le 12 septembre dernier, dans sa 100ième année. Il était le doyen des photographes français.
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photo=Paris, 1952
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vendredi 23 octobre 2009

Sister


Souvenir. Année 1980. C'est la rentrée. Cours d'allemand.

La prof: "Sur la fiche de renseignements, indiquez le nombre de frères et soeurs ainsi que leur âge."

C'est la première fois que j'ai quelque chose à écrire!

Quelques minutes plus tard, la prof ayant ramassé les dites fiches:"Lola! Une petite soeur de 6 jours. Félicitations!"

Et toute la classe de me regarder avec admiration. Je me redresse, fière comme Artaban.

Bon, les félicitations étaient peut-être superflues mais je transmettrai à maman qui a fait tout le travail.


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Une photo. Maternité.

Liza a un jour et je la tiens dans mes bras, droite et rigide comme un piquet.

Maman:"Détends-toi, Lola."

Moi:"J'ai peur de la casser..."


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Film super 8. Liza et son gâteau d'anniversaire, sur sa chaise haute. Une bougie.

Ses petits doigts veulent atteindre la flamme. Maman et moi lui montrons comment souffler, encore et encore. Elle nous regarde d'un air dubitatif l'air de se demander ce qui nous prend de faire de telles grimaces.


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Film super 8 encore. Eté 1981. Sur la plage de Meschers sur Gironde.

Liza s'enfuie à quatre pattes dans le sable, il ne faut pas la quitter des yeux un seul instant car son seul but est de caracoler le plus loin possible du parasol familial. Elle a des jambes minuscules et dodues. Papa s'exclame, légèrement dépité:" Et dire qu'elle a hérité de mes courtes pattes!"

Liza s'en fiche et galope.


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2009.

Le bébé mesure 1m73, a soufflé ses 29 bougies, et a les jambes d'Adriana...


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dimanche 4 octobre 2009

Quelque chose en moi de Natalie


Certains me trouvent une ressemblance certaine avec Natalie Wood ( enfin çà c'était surtout quand j'étais au plus fort de ma jeunesse mais ne boudons pas le plaisir).

Le regard, m'a t-on dit, la forme du visage, ou encore le sourire.

Joli compliment s'il en est ( Merci, merci mes amis, comme vous devez m'aimer pour me trouver une si jolie similitude!).


Si on y regarde de plus près, la comparaison ne s'arrête peut-être pas à quelques traits physiques.

Car s'il est vrai que, comme elle ( et nombreux d'entre nous, n'est-ce pas?), j'ai eu la fièvre dans le sang , sa fragilité et ses accès de colère envers les déboires de l'existence me sont on ne peut plus familiers.


Si bien qu'en 2 011, c'est déjà prévu, je ne mettrai pas les pieds sur un bateau...
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jeudi 24 septembre 2009

Laisse moi une place


Je n'ai rien demandé à l'existence d'extraordinaire. Je n'ai demandé qu'une seule chose, elle m'a toujours été refusée.

J'ai lutté pour l'obtenir, vraiment.

Cette chose mes semblables l'ont sans la chercher, cette chose n'est ni l'argent, ni l'amitié, ni la gloire, c'est une place parmi les hommes, une place à moi; une place qu'ils reconnaîtraient comme mienne sans m'envier puisqu'elle n'aurait rien d'enviable.

Elle ne se distinguerait pas de celles qu'ils occupent, elle serait tout simplement respectable.


Emmanuel Bove


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jeudi 10 septembre 2009

Des visages


Je suis un peu absente ces temps-ci, rentrée oblige...

Alors je me suis dit, rends ton blog vivant grâce à la participation de tes lecteurs volontaires!

Vous pouvez piocher parmi ces visages et partager vos souvenirs, s'ils remontent à la surface.


Moi par exemple, m'est revenu celui de Marcello, les yeux remplis de désir, observant Anita Ekberg, l'eau à mi-cuisses, dans le bassin de la fontaine Trévi ( et la voix lancinante le hélant: " Marcello, come here!")


Puis celui de Robert, faisant face à un amour impossible avec Barbra dans The way we were.


Ensuite le doux visage de Françoise, yeux pétillants de vie et d'éternité, entonnant la chanson de Solange, dans une petite ville portuaire.


Enfin celui de Maurice, assassiné pour les beaux yeux de Romy, dans La piscine.


J'en ai des tonnes d'autres en tête mais je vous laisse la place... A vous, donc!