
C'était il y a une douzaine d'années et je travaillais alors dans une grande école privée, en Mayenne, un ensemble qui allait de la petite section à la terminale.
A noël fut organisé un grand repas réunissant tous les personnels. On m'avait dit de m'habiller: "Pas question, Lola, de te voir avec ton sacro-saint jean!"
Je me mis donc sur mon 31, comme l'usage, apparemment, l'exigeait.
Une fois à ma table, entourée de mes collègues et d'appétissantes mises en bouche, un murmure général se fit entendre. Que se passait-il donc? J'entendais des chuchotement ici et là: "Voilà François F...", je tournai les yeux pour regarder quelle arrivée provoquait un tel émoi chez mes pairs.
Je vis seulement un homme d'une quarantaine d'années, smoking et tête haute. Bah, un grand ponte du coin, me dis-je sans me poser plus de questions.
Après le repas, un groupe breton vint mettre un peu d'ambiance dans la soirée. Dansons tous ensemble! Nous voilà tous debout pour une gigolette endiablée. "Allez! Mettez-vous en ligne, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, face à face, cette danse se pratique en couple!"
Bon d'accord, pourquoi pas?
Le fameux François, un peu gêné, sans doute par devoir, se mit sur les rangs.
Mais...mais...pourquoi toutes les femmes se décalent-elles? On dirait que personne ne veut danser avec ce monsieur? Le pauvre. Ben je veux bien moi, de toute façon je ne le connais pas.
Me voilà au bras de François qui, un peu transpirant, un peu maladroit, suit les consignes pour réussir au mieux la gigolette. Aïe, j'ai un pied écrasé, bah, c'est pas grave, la danse touche à sa fin.
Quelques années plus tard, je reconnais François au JT de 20 heures.
Bah oui, votre humble Lola a un jour festoyé avec le premier ministre.
çà méritait d'être raconté, non?
.